La Maison Respire

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Vitry-Sur-Seine / Extension et aménagement intérieur d’une maison individuelle / Etude du jardin / 150m2

La parcelle est un petit bout de paradis, une parcelle privilégiée au milieu d’une ville. Le jardin paraît immense et ce, grâce à un arbre gigantesque.
Occupée par un couple d’indépendants, l’ancienne maison était petite et inadaptée à son usage et surtout à la beauté du jardin.

Comment alors s’intégrer dans le tissu urbain tout en minimisant l’impact visuel sur le jardin ?
Comment utiliser au mieux les ressources naturelles pour faire respirer la maison et limiter l’impact sur la Nature ?

La Maison Respire est fermée sur la rue. Ainsi protégée par la façade presque totalement opaque, par les circulations verticales et horizontales, elle est un abri pour ses habitants. Ils peuvent ainsi respirer, souffler…
Orientée vers l’Ouest, elle offre de nombreuses vues sur le jardin, et profite de la lumière du soir principalement, celle des moments de calme et de délassement.
L’espace le plus grand est l’étage du Rez de Jardin, le niveau de la détente : On y mange, cuisine, lit et discute dans un plan libre, ouvert sur la Nature.
La grande hauteur sous plafond accentue l’impression d’espace.
Les matériaux du sol continuent sur la terrasse extérieure et dans le jardin d’hiver, abrité du vent.
Au Rez de Chaussée se situe l’entrée. Le choix de l’escalier emprunté définit l’usage que l’on va faire de l’espace. Vers le haut on travaille, vers le bas on se détend.

Le vide créé par les circulations est mis à profit afin de créer des respirations : à la fois spirituelles (ce sont des espaces de vide, où l’esprit se repose et le corps circule) et physiques (des ouvertures hautes et basses permettent à l’air de circuler et de se renouveler, évitant ainsi l’utilisation de climatisation et de ventilation).
Ce système, utilisé dans les anciennes maisons coloniales en Amérique et en Afrique a été réutilisé par l’Atelier Martel pour le projet Habitat bioclimatique. Mais les Indiens d’Amérique utilisaient également cette astuce dans leurs Tipis traditionnels, adaptant le niveau de ventilation à la saison (froide ou chaude).

La Nature et le bâti s’interpénètrent par des matériaux et par des espaces intermédiaires intérieurs / extérieurs qui permettent encore une fois de souffler, de s’intégrer à la Nature :
une salle de bain extérieure mais abritée et confortable,
un jardin d’hiver,
une terrasse haute donnant sur les arbres,
une terrasse basse abritée avec une partie un peu plus exposée.

On puise l’inspiration dans l’architecture organique, avec bien sûr Frank Lloyd Wright mais aussi plus récemment avec des architectes japonais et brésiliens qui adoptent cette philosophie du Respect de la Nature existante et de l’interpénétration : Hiroshi Nakamura & NAP avec leur maison Dancing Trees, singing birds ou encore Marcio Kogan et Isay Weinfield pour ne citer qu’eux.

Les Arbres vivent dans cette Maison au même titre que les habitants. Par leur emplacement d’une part et par les émotions qu’ils provoquent. Ceci est possible grâce aux vitrages, nombreux, qui permettent de voir et, une fois ouverts, de ressentir les saisons qui se succèdent.
Ces vitrages, tantôt transparents, tantôt miroirs, contribuent à cette illusion dedans…dehors.

 

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